Il a passé 40 ans en ermitage dans sa cellule, plus tard transformée en une prestigieuse mosquée, dans le quartier de Boulaq. Les gens l’ont intronisé « sultan des cœurs » tellement il était bienveillant, pieux et dévot. Né Al-Hussein Abou Ali, le sultan des cœurs, ou le sultan Abou Al-Alaa, a laissé derrière lui une mosquée qui demeure jusqu’à nos jours la destination des dizaines de centaines de fidèles, amoureux des descendants du Prophète Mohamed (paix et salut sur lui).
Des pauvres et des gens nécessiteux s’y rendent également, pendant le mois de Ramadan, pour s’attabler à l’heure de l’iftar (rupture du jeûne) pour partager un repas rassasiant avant d’implorer le Créateur de couvrir de grâces son fidèle serviteur, Aboul Alaa ou Aboul Ela. De nos jours, au mois de Ramadan, il est courant que les Tarawih (prières surérogatoires) soient diffusées depuis la mosquée d’Aboul Ela que les Soufis surnomment « le seigneur des grâces et des causes désespérées ». Les miracles se multiplient sur son tombeau (il fut inhumé dans son lieu d’ermitage, sa mosquée qui porte son nom) faisant naître un culte populaire qui se répand rapidement. Aboul Ela reçut alors le titre de « seigneur des grâces et des causes impossibles ». C’est le lieu de refuge des pauvres et des personnes désespérées.
La mosquée du sultan Aboul Ela est l’une des mosquées les plus célèbres du Caire islamique en Egypte. La mosquée s’élève sur 23 colonnes de marbre blanc pur, un vrai chef-d’œuvre digne d’admiration. Le plafond est plaqué or et recouvert d’étonnantes décorations islamiques dont les couleurs sont en très bon état. Le minbar (la chaire) de la mosquée, un des plus somptueux jamais édifié sous le règne des Mamelouks, a été fabriqué en Inde et incrusté de morceaux d’ivoire. Il fut transporté vers l’Egypte via le port Al-Suez. Les murs intérieurs et la coupole sont décorés d’inscriptions islamiques. Le dôme à l’extérieur, comme ceux de l’architecture mamelouke, est en pierre.
Né à La Mecque à la fin du VIIIe siècle, le sultan Aboul Ela s’est installé en Egypte, près d’Ahl al-Bayt. La mosquée sultan Aboul Ela est l’un des monuments les plus célèbres du quartier de Boulaq au Caire. La mosquée est précieuse en raison de son âge et de son histoire; elle a été témoin de diverses époques.
À la fin du XIXe siècle, sur la rive est du fleuve du Nil, habitait dans le quartier de Boulaq un commerçant de grand renom, Noureddine Ali, fils du défunt Muhammad Ben Al-Qanish Al-Barulsi. Le sultan des cœurs et des miracles, Aboul Ela lui a demandé de renouveler son lieu d’ermitage dans lequel il se retirait pour adorer Dieu. Son vœu fut exaucé. Le riche commerçant lui renouvela et lui érigea aussi une mosquée.
A sa mort, Aboul Ela a été enterré sous la coupole de sa mosquée. La mosquée a été établie à une époque où l’architecture islamique a prospéré. Dans sa conception à l’époque, la mosquée possédait quatre iwans riches en inscriptions et ornements. La mosquée est aussi dotée de trois portes, la principale est large donnant sur la rue, une deuxième en face du mausolée où est inhumé le sultan Aboul Ela et le dernier donne accès à l’endroit des ablutions.
La menuiserie de la mosquée est d’une valeur inestimable.
Le quartier de Boulaq (Beaulac)
Boulaq est un quartier du Caire, proche du centre-ville entre Ezbékiyeh et le Nil. Le nom de Boulaq vient du grec ou du mot copte pour marais. Un pont, le pont d’Aboul Ela, reliait autrefois le quartier populaire de Boulaq qui était le port principal de la capitale et le quartier résidentiel de Zamalek. Il doit son nom au sultan Aboul Ela qui fit construire une mosquée dans le quartier même. On l’appelait également pont de Boulaq. Il porte aussi le nom de « 26 juillet », après la révolution.
Les mosquées les plus célèbres du Caire
En dehors des heures de la prière, la majorité des mosquées du Caire accueillent sans problème les visiteurs non-musulmans. L’entrée est parfois payante. Et certains lieux de culte ne sont pas ouverts aux non-musulmans, posez simplement la question à l’entée. C’est notamment le cas de la célèbre mosquée de Sayyidna Al-Hussein, très sacrée, elle abrite la tête d’Hussein, petit-fils du Prophète Mohamed (PSL). N’hésitez pas en revanche à en faire le tour et à profiter de l’ambiance qui règne sur la Place qui lui fait face à la sortie de Khan Al-Khalili.
A l’inverse, la mosquée d’Ibn Touloun se visite et mérite le détour. C’est une des plus grandes et des plus anciennes d’Egypte. Elle fut édifiée à la fin du 9esiècle sous la domination de la dynastie abbasside. Son minaret hélicoïdal (en forme d’hélice), reconnaissable entre tous, est une curiosité architecturale. Il s’inspire de la mosquée de Samara de l’ancienne Mésopotamie.
Al-Azhar, Al Aqmar, Al-Hakam, Sultan Hassan, Al-Rifaï ou autres sont aussi à visiter dans le Caire islamique. La mosquée de Mohamed Ali, Soliman Pacha et Mohamed Al-Nasser dans la citadelle vous éblouiront aussi. Le Caire regorge en effet de mosquées remarquables dignes d’une balade de goût.